Conjoncture et évolution de l’activité

Le BTP peine à retrouver son niveau d’avant crise

Depuis la crise de la fin des années 2000, et malgré un rebond de l’activité en 2011 et 2012, le secteur du BTP est en déclin sur les dernières années. En moyenne, la production a chuté de 1 % par an en 5 ans passant de 210 mds d’euros à 201 mds d’euros en 2013.

La filière du Bâtiment est la plus impactée par la conjoncture. La production est en baisse de 1,4 % en moyenne sur les 5 dernières années. Plusieurs facteurs pèsent sur l’activité des entreprises :

– Le secteur de la construction neuve est en berne. Après une reprise timide en 2011, le nombre de mises en chantier de logements s’est de nouveau effondré en 2014 (-10 %)

– Le marché de la rénovation avec impact énergétique est à la peine. Malgré des mesures de soutien nombreuses, le marché est passé de 15,1 mds d’euros en 2008 à 12,8 mds d’euros en 2013.
– La crise a réduit la capacité d’investissement des ménages et l’accès au financement.

Les Travaux publics ont, de leur côté, mieux résisté. Depuis 2011, le secteur renoue avec la croissance portée notamment par la réalisation des grands chantiers de LGV et la perspective des élections municipales de 2014 qui a poussé certaines collectivités à solder leurs budgets avant la fin de leur mandat.

Évolution de la production dans le BTP (en mds d’€)

Le secteur a perdu 140 000 emplois salariés en 5 ans

La crise a détruit 23 000 emplois salariés par an dans le BTP

– Après des progressions de 3 à 4 % par an entre 2005 et 2008, les effectifs salariés ont diminué de 2 % par an en moyenne sur les 5 dernières années, passant de 1,346 million Equivalents Temps Plein (ETP) à 1,205 million ETP en 2014.

– Plus de 140 000 emplois salariés ont ainsi été détruits dans le secteur du BTP sur cette période, soit une moyenne de 23 000 emplois par an.

Les salariés les plus jeunes sont les plus durement touchés

– La baisse des effectifs s’est surtout centrée sur les catégories les plus jeunes, en particulier les moins de 25 ans. En revanche, les plus de 55 ans ont été moins durement touchés par les licenciements, les entreprises ayant voulu conserver les salariés les plus expérimentés.

Perspectives 2015

Conjoncture toujours difficile dans le Bâtiment mais un espoir de redressement pour la fin de l’année

– En 2015, le secteur du Bâtiment continue à souffrir de la morosité du marché de la construction

– Sur les premiers mois de l’année, le nombre de logements mis en chantier poursuit sa chute. De mars à mai, le volume des chantiers a diminué de plus de 7 % en glissement annuel et de 6 % sur les 12 derniers mois.

– Pour les bâtiments non résidentiels, le recul est encore plus important avec un repli des surfaces commencées de près de 14 % sur trois mois glissant et près de 10 % sur les 12 derniers mois.

– Quant au marché de l’entretien-amélioration, la tendance reste baissière, le principal frein résidant dans l’accès au financement.

– Signe de la difficulté du marché, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) note une dégradation importante de l’emploi avec 51 000 postes perdus (y compris intérim) au premier trimestre 2015 par rapport à la même période de l’année précédente. Les défaillances d’entreprises ont, elles, bondi de 10 %.

– Pour autant, les facteurs d’amélioration du marché sont nombreux et devraient permettre à la filière de retrouver des couleurs d’ici fin 2015 ou début 2016.

– L’amélioration de l’environnement économique devrait créer un appel d’air : la croissance du PIB français a été portée à +0,6 % au 1er trimestre 2015 (contre 0 % au trimestre précédent) et les perspectives de croissance pour la fin de l’année sont pour l’heure plutôt favorables

– Le dispositif Pinel et l’amélioration du PTZ+ devraient permettre une relance des mises en chantier

– Du côté de la rénovation, même si le marché reste hésitant, les perspectives 2015 sont un peu meilleures sous l’effet de la mise en place du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE).

– Au final, la FFB table, pour 2015, sur une baisse de 1,5 % de l’activité avec respectivement -3,8 % pour le logement neuf, -9,4 % pour le non-résidentiel neuf et +1,7 % pour l’amélioration-entretien, et un impact sur l’emploi important avec une perte de 30 000 équivalents temps plein (ETP) sur l’année.

Travaux publics : la baisse de la commande publique se poursuit mais le climat des affaires s’améliore

– Le début de l’année 2015 a également été difficile pour les entreprises de travaux publics. La commande publique reste faible et l’activité s’est fortement dégradée sur les 4 premiers mois de l’année :
– Le montant des travaux réalisés est en repli de 11,7 % par rapport à la même période de l’année précédente

– Les carnets de commande sont, eux, en recul de 17,1 % depuis le début de l’année.

– Les effectifs continuent de diminuer. De janvier à avril 2015, 2 900 postes d’ouvriers permanents ont été détruits dans le secteur.

– D’après les résultats de l’enquête trimestrielle d’opinion FNTP/INSEE, le climat conjoncturel semble cependant s’améliorer légèrement sur le second semestre.

– Les entrepreneurs sont nettement moins nombreux qu’en avril à anticiper une baisse de leur activité

– Ils sont également moins nombreux à anticiper une baisse de leurs effectifs.